Un virus dangereux
November 14, 2009 by admin
Filed under ACTUALITE SPORTIVE
[30 Octobre 2009]—Altercation en fin de rencontre entre les fans de l’Aigle Noir et les arbitres du match Aigle Noir - Baltimore (0 - 1) jeudi au Stade Sylvio Cator. Attention, danger ! Le football haïtien, depuis ces quelques temps est atteint d’un virus très dangereux. Un virus ajouté à un mauvais entretien des clubs, une préparation inadéquate des joueurs et en résultat on obtient un volume de jeu qui laisse à désirer. Donc, si nous nous laissons emparer par ce virus, le navire du football haïtien serait au bord du naufrage. Ne soyez pas surpris et étonné, il ne s’agit certainement pas du virus A(H1N1) qui est tout à fait une question sanitaire et qui a déjà frappé quelques championnats comme celui des Etats-Unis: la MLS et récemment celui de la France : la Ligue 1. Ce virus dont il est question provient d’une mauvaise foi de nos joueurs sur les terrains de football, donc de manière volontaire. Il s’agit d’un refus catégorique de jouer durant les fins de match. Un refus généralement caractérisé par les nombreuses et longues ruptures que connaissent les fins de match, celles-ci volontairement causées par les joueurs de l’équipe qui le plus souvent mène au score.
Il est toujours désagréable de faire ces types de remarques concernant notre championnat, mais il serait aussi suicidaire de faire le sourd-muet devant des pratiques considérablement dangereuses et qui n’aideront sur aucun aspect le football haïtien. A un moment où ce sport connait des évolutions intéressantes et est sur une pente ascendante, nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de nous livrer à des stupidités qui n’auront que des conséquences néfastes sur notre football ; d’autant que nos divers championnats nationaux (D1 et D2) sont en pleine crise économique. Le plus inquiétant, c’est que presque tous les clubs de notre championnat majeur sont atteints de ce virus et s’adonnent à ces pratiques néfastes. Lors d’une journée, un club peut bien être victime du virus et la prochaine journée, c’est ce même club qui fait une nouvelle victime, étant à son tour atteint du virus. Car il faut bien le reconnaitre, le virus n’atteint jamais deux clubs jouant l’une contre l’autre en même temps. Il fait surface dépendamment de la situation du match et atteint, surtout, l’équipe, qui a le score à son avantage. Les cas les plus récents qu’on a vécus dans notre championnat sont les trois dernières rencontres qui ont suscité le plus d’enthousiasme chez les supporteurs au stade Sylvio Cator : Violette vs Racing CH (0-1), Violette vs ASC (2-1), Racing CH vs Cavaly (2-1).
Comme vous pouvez le constater, ce sont des rencontres qui ont leur score final très serré, qui ont présenté de grands enjeux et attiré un nombre non négligeable de spectateurs. Ces trois rencontres précitées ont deux points communs : pour l’un, le niveau de jeu et le spectacle offert dans les 70 à 75 premières minutes et pour l’autre, l’ambiance embarrassante provoquée par le virus. Partout à travers le monde, les derbys et les classiques provoquent chez chaque joueur une motivation naturelle pour entamer le match. Et ici en Haïti nous n’en sommes pas exempts et c’est surtout en ces occasions là qu’on a la chance de voir nos joueurs produire un football de qualité, car le public lui aussi joue sa partition en venant assister et encourager les joueurs. Comme il est souvent rare dans notre championnat, ces types de rencontre nous gratifient d’un très bon football, tant au niveau de la production de jeu qu’au niveau de l’organisation des équipes. Mais on dirait que les joueurs, disons mieux ceux de l’équipe qui a le score en sa faveur, ont juré de ne pas laisser ce beau spectacle durer tout le long de la rencontre. Car dès que le match approche de sa fin, ces joueurs-là ne cessent pas de provoquer des ruptures incessantes à chaque remise en jeu ou pire encore lorsqu’ils se laissent tomber sur la surface de jeu en évoquant des raisons sûrement imaginaires pour justifier leur acte.
Ce qui est le plus révoltant dans cette histoire c’est que l’équipe qui est menée au score veut jouer son match pour revenir au score et tandis que les joueurs de l’équipe adverse refusent totalement de le faire en inventant toute sorte d’excuses pour arrêter le match. Par exemple, lors du match opposant le Violette à l’ASC, pendant que la formation bleu et blanc menait par un but d’écart (2-1) alors qu’il restait moins de dix minutes à jouer, il y a eu tant de longues ruptures causées par les joueurs du VAC, soit pour des raisons de crampe ou pour des fautes légères dont ils ont été victimes, attitude supportée par les masseurs donc le staff technique que l’arbitre central de la rencontre était bien obligé d’expulser deux masseurs du VAC. Et des cas similaires ont été produits par les joueurs du Racing CH face au Cavaly de Léogâne, un match qu’ils ont fini par gagner sur le score de 2 buts à 1.
Il est tout à fait juste que lorsqu’une équipe est menée au score, qu’elle doit utiliser chaque temps mort avec intelligence afin de prendre un peu de repos et casser le rythme du match. Toutefois, il est ridicule et anti-sportif lorsqu’elle en fait un usage abusif car les spectateurs ne sont pas venus assister à des scènes de cinéma, mais plutôt à des matchs de football. Donc, il est très urgent que d’abord les dirigeants des clubs parlent à leurs joueurs pour les empêcher d’avoir de tels comportements et qu’ensuite les concernés et les responsables du football dans ce pays prennent des mesures adéquates pour combattre ce virus et l’empêcher de se propager jusqu’à ce qu’il ne devienne un mythe dans la mentalité de nos footballeurs. Ce qui serait le comble et une image très négative pour notre football ! Prenons les bonnes décisions le plus tôt possible pour éviter toute catastrophe plus tard ! D’où l’antidote à ce virus si dangereux.
Paul Junior Prudent
poodat65@yahoo.fr

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