Wilner Nazaire

Entre temps, Wilner Nazaire, Capitaine de l’équipe nationale haïtienne va vivre une expérience unique. Grâce à son buteur Emmanuel Sanon, Haiti décroche une qualification historique pour la Coupe du monde allemande. Capitaine, Nazaire conduit les siens dans le groupe 4, composé de la Pologne, l’Italie (vice-championne du monde) et l’Argentine. Petit poucet de la compétition (avec le Zaïre), les insulaires ne vont pas démériter. Lors du premier match contre les italiens, ils menèrent même 1-0 avant de perdre 3-1. « Dino Zoff n’avait pas encaissé de but depuis 19 matchs sous le maillot de la Squadra Azzurra. Un record, je crois. Mano, en ouvrant le score, est devenu un dieu chez nous… malgré la défaite 3-1 » Balayés par la Pologne 7-0, ils perdent le dernier match contre l’Argentine 4-1 mais tout le monde a pu découvrir une belle génération.
A son retour à Valenciennes, Nazaire espère enfin obtenir du temps de jeu. Hélas pour lui, toujours barré par le tandem Joly – Kuskowiak, il est essentiellement remplaçant. L’US VA réussit le pari de la montée, terminant en tête du groupe A. Mais contre Nancy, qui compte dans ses rangs le jeune Michel Platini, le titre honorifique file en Lorraine. L’arrivée de Jean-Luc Fugaldi à l’été 75 condamne définitivement le roc de Port au prince, qui passe une nouvelle saison sur le banc.
Au mois de novembre, il préfère quitter le Hainaut et s’engage avec Fontainebleau en D2.Il y côtoie notamment un jeune espoir, Philippe Mahut. Le départ de ce dernier pour Troyes, lui offre enfin une place de titulaire, malgré le recrutement de Georges Grabowski. Il fera une bonne saison et Fontainebleau passera l’année dans le ventre mou. La saison suivante en revanche sera catastrophique. Wilner Nazaire, qui joue toujours en sélection, dispute les qualifications pour la coupe du monde 1978 et puis c’est le drame : il se blesse gravement le genou çà l’entrainement, ce qui compromet sa saison et sa carrière. En effet, dernier de D2, Fontainebleau dépose le bilan en fin d’exercice et Nazaire avec…
Ayant quitté le monde pro assez tôt l’haïtien s’installe à Dampierre en Haute-Saône. Il continue à taper un peu le ballon mais surtout s’engage dans un institut spécialisé de Dijon pour accompagner des enfants trisomique. Un de ses fils a fait une belle carrière en handball.
Le séisme de 2010 l’a traumatisé, comme tous ses compatriotes, lui qui n’est jamais retourné là-bas depuis sont départ pour Valenciennes en 1972. « En 2008, ça a failli se faire. Le président René Garcia Préval a invité dans son palais les joueurs de l’épopée de 1974 pour célébrer la date anniversaire. Je n’ai pu me libérer… » regrette-t-il. .














